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Crypto-Monnaies en Algérie : Risques et Légalités 2026
Investissement

Crypto-Monnaies en Algérie : Risques et Légalités 2026

23 mai 20265 min de lecture54 vues

Découvrez les risques légaux des crypto-monnaies en Algérie selon la loi 25-10. Informez-vous sur ce que vous devez savoir pour éviter les sanctions.

Interdiction Totale des Crypto-Monnaies en Algérie : Ce que Dit la Loi 25-10, Ce que Vous Risquez, Ce que Vous Devez Savoir


Le 24 juillet 2025, l'Algérie a franchi un cap sans retour dans sa position face aux actifs numériques. La loi n°25-10, publiée au Journal Officiel n°48, a criminalisé l'intégralité de l'écosystème des crypto-monnaies sur le territoire national. Pas une mise en garde supplémentaire, pas un durcissement partiel — une interdiction totale, explicite, inscrite dans le droit pénal, avec des peines de prison et des amendes codifiées pour tout contrevenant.


Ce texte n'est pas tombé du ciel. Il s'inscrit dans une chronologie précise : une première interdiction d'usage édictée dès 2018 dans la loi de finances, jugée insuffisante car sans sanctions définies. Puis, sept ans de développement souterrain de pratiques que l'État n'avait ni les outils ni les textes pour réprimer efficacement. Et en juillet 2025, la décision de trancher définitivement : toute l'activité crypto, dans toutes ses formes, est une infraction pénale.


Ce guide explique ce que dit le texte de loi exactement, qui est concerné, quelles sanctions sont prévues, pourquoi l'État a pris cette décision, et quelles sont les alternatives légales d'épargne et d'investissement disponibles pour les Algériens. Il n'a pas vocation à orienter vos choix financiers — il a vocation à vous informer sur le cadre légal en vigueur.


L'Historique : De la Mise en Garde à la Criminalisation


Pour comprendre la portée de la loi 25-10, il faut retracer l'évolution de la position algérienne depuis 2018.


La loi de finances 2018 avait introduit l'article 113 qui stipulait que "l'achat, la vente, l'utilisation et la détention de la monnaie dite virtuelle sont prohibés". C'était une interdiction d'usage — mais sans sanction définie, sans procédure de poursuite codifiée, sans inscription explicite dans le droit pénal. Un texte qui posait une limite sans la rendre véritablement applicable.


Entre 2018 et 2025, malgré cette interdiction, les pratiques crypto se sont développées parmi une frange de la population algérienne — en particulier les jeunes technophiles dans les grandes villes, les mineurs qui exploitaient l'électricité subventionnée dans le Sud du pays, et des utilisateurs qui accédaient à des plateformes étrangères via VPN. L'État observait sans pouvoir réprimer efficacement.


En octobre 2024, le Groupe d'Action Financière Internationale (GAFI) a placé l'Algérie sur sa liste grise — la liste des pays sous surveillance renforcée pour insuffisances dans la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme. Cette inscription est un signal d'alarme diplomatique et financier majeur : elle complique les relations bancaires internationales, peut décourager les investisseurs étrangers, et crée une pression institutionnelle forte pour démontrer que des réformes législatives concrètes sont en cours.


La loi 25-10 du 24 juillet 2025 est, au moins en partie, une réponse directe à cette pression du GAFI. En criminalisant explicitement toute activité crypto — reconnue internationalement comme un vecteur potentiel de transactions opaques — l'Algérie envoie un signal fort à l'instance internationale : le pays durcit son arsenal législatif anti-blanchiment. Le texte modifie et complète la loi n°05-01 du 6 février 2005 relative à la prévention et à la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme.


Ce que Dit le Texte de Loi : L'Article 6 Bis en Détail


Le cœur de la loi 25-10 est l'introduction de l'article 6 bis dans la législation anti-blanchiment. Voici ce que cet article interdit explicitement, en termes exacts :


Il est interdit d'émettre, d'acheter, de vendre, d'utiliser des actifs virtuels ou de les détenir, d'en faire le commerce, de les promouvoir ou de créer ou d'exploiter des plateformes d'échange de ces actifs qui constituent des biens, des produits, des fonds ou d'autres actifs, ou toute autre valeur équivalente : comme moyen de paiement ou monnaie reconnue ; comme instrument d'investissement. Cette interdiction inclut les activités liées au minage de cryptomonnaie.

La liste complète des activités interdites telle qu'elle ressort du texte :


  • L'émission de tout actif virtuel — créer une crypto-monnaie ou un token
  • L'achat de tout actif virtuel — acquérir du Bitcoin, de l'Ethereum, du USDT, ou tout autre actif numérique
  • La vente de tout actif virtuel
  • L'utilisation de tout actif virtuel — comme moyen de paiement ou d'investissement
  • La détention de tout actif virtuel — posséder des crypto-monnaies, même sans les utiliser
  • Le commerce de tout actif virtuel — activités de trading
  • La promotion de tout actif virtuel — publicité, recommandation, contenu en faveur des crypto-monnaies
  • La création ou l'exploitation de plateformes d'échange de ces actifs
  • La création ou la gestion de portefeuilles électroniques (wallets) liés à des actifs virtuels
  • Le minage de crypto-monnaies — l'utilisation de ressources informatiques pour créer ou valider des transactions crypto

La formulation "que ce soit de manière individuelle ou par le biais d'intermédiaires et de plateformes en ligne" ferme explicitement la porte aux tentatives de contournement via des plateformes étrangères accessibles par VPN. Ce n'est pas une omission du législateur — c'est une intention clairement exprimée de couvrir tous les vecteurs d'accès.


Les Sanctions : L'Article 31 Bis


Le régime de sanctions est codifié dans l'article 31 bis introduit par la même loi. Il est direct :


  • Peine d'emprisonnement : de 2 mois à 1 an
  • Amende : de 200 000 DA à 1 000 000 DA (environ 1 540 à 7 700 dollars au taux de change officiel)
  • Ces deux peines peuvent être appliquées cumulativement — prison ET amende simultanément

Le texte précise que ces sanctions s'appliquent "sans préjudice des dispositions de la législation relative à la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme". Cette clause est importante : elle signifie que si les activités crypto s'accompagnent de blanchiment ou de financement du terrorisme, les peines prévues par les lois spécifiques sur ces infractions s'ajoutent ou se substituent aux sanctions de l'article 31 bis. Les peines pour blanchiment d'argent en droit algérien sont nettement plus lourdes — pouvant aller jusqu'à 20 ans de prison selon la gravité et les circonstances.


L'article 31 bis introduit également un système de sanctions graduées en fonction de la gravité de l'infraction — ce qui laisse au juge une marge d'appréciation selon l'ampleur de l'activité concernée. Une simple détention de quelques dizaines de milliers de dinars en crypto ne sera probablement pas traitée de la même façon qu'une plateforme d'échange opérant des millions de dinars de transactions.


Pourquoi L'État a Pris Cette Décision : Les Raisons Officielles


Le gouvernement algérien a justifié cette décision par plusieurs arguments officiels, relayés notamment par l'économiste Brahim Guendouzi, professeur à l'Université de Tizi-Ouzou, dans ses déclarations à TSA :


La souveraineté monétaire


Les crypto-monnaies sont des "monnaies privées, sans cours légal, sans aucun adossement physique ou financier et totalement virtuelles". Leur circulation parallèle menace la souveraineté de la Banque d'Algérie sur la politique monétaire nationale. Un État qui laisse se développer une monnaie parallèle non contrôlée perd partiellement le contrôle de son économie monétaire.


La lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme


L'opacité des transactions crypto — pseudonymie des portefeuilles, absence de traçabilité bancaire classique, facilité de transferts internationaux — est identifiée comme un vecteur potentiel pour les circuits illicites. C'est précisément la préoccupation centrale du GAFI, dont la liste grise pèse sur l'Algérie depuis octobre 2024.


La protection contre la fraude fiscale et les sorties de capitaux


Dans un contexte de réserves de change sous pression et de réglementation stricte des changes, les transactions crypto permettaient des sorties de devises hors du circuit officiel — contournant la domiciliation bancaire, les autorisations de la Banque d'Algérie, et tout le dispositif de contrôle des changes. L'État considère ce vecteur comme une fuite de devises qu'il ne peut pas accepter dans sa situation macroéconomique actuelle.


La protection des consommateurs


La volatilité extrême des marchés crypto — avec des chutes de 50 à 80 % en quelques mois enregistrées historiquement — expose les investisseurs particuliers à des pertes massives. En l'absence de cadre réglementaire, il n'existe aucun mécanisme de protection des épargnants algériens qui auraient perdu leurs économies dans des crypto-monnaies.


Ce que Ça Change Concrètement


La loi 25-10 passe d'une interdiction sans dents à une criminalisation effective. Les conséquences pratiques sont les suivantes :


La simple détention est une infraction


Avant la loi 25-10, la possession de crypto-monnaies était interdite mais la sanction n'était pas codifiée dans le droit pénal de façon précise. Depuis le 24 juillet 2025, détenir un portefeuille numérique avec du Bitcoin, de l'USDT ou tout autre actif virtuel constitue une infraction pénale passible de prison. Il ne s'agit plus d'une zone grise — c'est noir sur blanc dans le Journal Officiel.


La promotion est aussi interdite


Un point que beaucoup ont sous-estimé : la promotion des actifs virtuels est explicitement interdite. Cela vise les influenceurs sur les réseaux sociaux, les créateurs de contenu YouTube ou TikTok, les administrateurs de groupes WhatsApp ou Telegram qui diffusent des contenus faisant la promotion de crypto-monnaies, et potentiellement les "éducateurs" qui enseignent comment acheter ou utiliser ces actifs. Si vous publiez du contenu positif sur les crypto-monnaies depuis l'Algérie, vous êtes dans le champ de la loi.


Les plateformes étrangères via VPN sont aussi visées


La loi couvre explicitement les activités réalisées "par le biais d'intermédiaires et de plateformes en ligne". Un Algérien qui utilise un VPN pour accéder à Binance, Coinbase, Bybit, OKX ou toute autre plateforme étrangère et y effectue des transactions crypto est en infraction. La technique d'accès (VPN ou autre) ne constitue pas une protection légale.


Le minage est une activité criminelle


Le minage de crypto-monnaies était particulièrement développé dans le Sud algérien, où l'électricité est subventionnée à des tarifs très bas. Des fermes de minage artisanales avaient émergé, parfois avec des équipements importés en contrebande. La loi 25-10 qualifie explicitement le minage d'activité illicite — les équipements de minage peuvent faire l'objet de saisie.


Le Positionnement de l'Algérie dans le Contexte International


L'Algérie n'est pas le seul pays à avoir choisi l'interdiction totale — mais elle est dans une minorité. Le tableau comparatif international est instructif :


Pays ayant choisi l'interdiction totale ou quasi-totale : Chine (interdiction complète depuis 2021), Égypte, Bangladesh, Bolivie, Népal. Ces pays représentent une approche de contrôle maximal.


Pays ayant choisi la régulation : Union Européenne (règlement MiCA en vigueur depuis 2024), États-Unis (en cours de régulation), Émirats Arabes Unis (hub crypto mondial avec VARA à Dubaï), Nigeria (régulation après une tentative d'interdiction), Maroc (en cours d'élaboration d'un cadre légal).


La tendance mondiale est à la régulation plutôt qu'à l'interdiction. L'Union Européenne a adopté le règlement MiCA (Markets in Crypto-Assets) en 2024, qui encadre les prestataires de services sur actifs numériques avec des licences, des obligations de transparence et de protection des consommateurs — sans interdire. Le Nigeria, après avoir tenté une interdiction similaire à l'Algérie, a fait marche arrière et opté pour la régulation.


L'économiste Brahim Guendouzi résume la tension : "Tandis que certains pays optent pour la régulation, l'Algérie choisit l'interdiction totale, faute d'un cadre technique et institutionnel apte à superviser efficacement ce type d'actifs numériques." Cette formulation reconnaît implicitement que l'interdiction n'est pas nécessairement un choix de fond permanent — c'est peut-être aussi un aveu de capacité institutionnelle limitée à ce stade.


Les Alternatives Légales d'Épargne et d'Investissement en Algérie


Pour les Algériens qui cherchent à faire fructifier leur épargne dans un cadre entièrement légal, voici les instruments disponibles et leur fonctionnement.


Les dépôts à terme bancaires


Les banques publiques algériennes proposent des dépôts à terme (DAT) à taux fixe sur des durées de 6 mois, 1 an, 2 ans ou 3 ans. Les taux d'intérêt sont encadrés par la Banque d'Algérie. Ce sont des instruments sûrs, garantis par les établissements publics, qui offrent un rendement prévisible sans risque de capital.


Les Sukuk souverains algériens


La loi de finances 2026 a prolongé les exonérations d'IRG et d'IBS sur les Sukuk souverains — des titres de financement islamique émis par le Trésor public. Ces instruments sont conformes aux principes de la finance islamique (pas d'intérêt ribawi), offrent un rendement sur la participation aux revenus des actifs sous-jacents, et bénéficient d'une garantie souveraine. Ils sont accessibles via les guichets des banques habilitées.


Les obligations d'État et bons du Trésor


Le Trésor public émet des obligations et bons du Trésor à différentes maturités. Ces titres sont accessibles via les banques publiques et constituent un placement sûr adossé à la garantie de l'État algérien.


L'immobilier


L'immobilier locatif reste la principale forme d'investissement des Algériens. L'achat d'un bien immobilier pour le louer génère des revenus locatifs déclarables à l'IRG (15 % sur les revenus fonciers) et constitue une protection contre l'inflation sur le long terme. Les programmes AADL, LPP, et le marché immobilier privé offrent différents points d'entrée selon les capacités financières.


La Bourse d'Alger


La Bourse d'Alger (SGBV) est opérationnelle mais encore peu développée — un nombre limité de sociétés y sont cotées. Des réformes sont en cours pour l'élargir et la dynamiser. L'achat d'actions ou d'obligations d'entreprises cotées constitue un investissement légal et réglementé. Les intermédiaires en opérations de bourse (IOB) agréés vous permettent d'y accéder.


L'investissement dans une activité économique


Les dispositifs AAPI (avec les avantages de la loi 22-18), le statut d'auto-entrepreneur, la création d'une SARL — autant de véhicules légaux pour mobiliser de l'épargne dans une activité économique productive, avec les exonérations fiscales applicables.


L'or physique


L'achat d'or physique (bijoux, lingots) est légal en Algérie. L'or constitue une réserve de valeur traditionnelle dans la culture algérienne. Note : les bijoux et métaux précieux ne sont pas dans l'assiette de l'impôt sur la fortune algérien (voir notre article dédié) — c'est un avantage non négligeable pour ceux qui souhaitent préserver leur patrimoine de façon discrète et légale.


FAQ — Interdiction Crypto Algérie 2026


Si j'avais déjà des crypto-monnaies avant le 24 juillet 2025, suis-je en infraction ?


La loi 25-10 est entrée en vigueur le 24 juillet 2025. En droit algérien, une loi pénale ne s'applique pas rétroactivement pour aggraver les sanctions. Cependant, la détention d'actifs virtuels est désormais interdite — ce qui signifie que continuer à détenir des crypto-monnaies après le 24 juillet 2025 constitue une infraction continue. La question de ce que les personnes ayant des actifs antérieurs peuvent faire légalement pour les liquider n'a pas fait l'objet d'une disposition transitoire explicite dans le texte de loi. C'est une zone d'incertitude juridique réelle — si vous êtes dans cette situation, une consultation auprès d'un avocat spécialisé est recommandée.


La loi s'applique-t-elle aux Algériens résidant à l'étranger ?


La loi 25-10 s'applique sur le territoire algérien. Un Algérien résidant légalement et fiscalement en France, en Canada ou aux Émirats est soumis au droit du pays où il réside — pas à la loi algérienne sur ce point. En revanche, un Algérien de la diaspora qui rentre en Algérie avec des actifs crypto ou qui effectue des transactions crypto depuis le territoire algérien tombe dans le champ de la loi. La résidence fiscale et le lieu de l'infraction sont les critères pertinents.


Binance, Coinbase ou d'autres plateformes sont-elles accessibles depuis l'Algérie ?


Techniquement, certaines plateformes restent accessibles via des navigateurs ou des VPN. Légalement, les utiliser depuis le territoire algérien pour effectuer des transactions sur des actifs virtuels constitue une infraction à la loi 25-10. L'accessibilité technique d'une plateforme ne crée aucune protection légale — la loi couvre explicitement les transactions effectuées "par le biais d'intermédiaires et de plateformes en ligne".


Les NFT et les tokens liés à des jeux vidéo sont-ils aussi interdits ?


La loi vise les "actifs virtuels" au sens large — des biens, produits, fonds ou autres actifs de valeur équivalente, utilisés comme moyen de paiement ou instrument d'investissement. Les NFT (jetons non fongibles) et les tokens de jeux vidéo ayant une valeur monétaire échangeable entrent potentiellement dans cette définition. La ligne de démarcation entre un objet de jeu purement non monétisable et un actif virtuel à valeur d'échange n'est pas tracée explicitement dans le texte — zone grise juridique qui sera probablement clarifiée par la jurisprudence ou des décrets d'application.


Des poursuites ont-elles déjà eu lieu depuis l'entrée en vigueur de la loi ?


Aucune information publiée ne fait état de poursuites judiciaires formelles pour violation de la loi 25-10 dans les médias algériens en 2025-2026. Cela ne signifie pas qu'il n'y en a pas eu — la justice algérienne ne publie pas systématiquement ses affaires pénales dans la presse. Ce que les experts juridiques soulignent : la capacité de l'État à surveiller et détecter les transactions crypto individuelles reste limitée en pratique — mais la loi existe, les sanctions sont codifiées, et l'exposition à un contrôle reste réelle, notamment via les transactions bancaires suspectes ou les signalements.


Cette interdiction pourrait-elle être levée ou révisée à l'avenir ?


C'est une question légitime mais à laquelle il n'existe pas de réponse certaine. La position de l'État algérien s'est durcie entre 2018 et 2025 — dans la direction opposée. La tendance mondiale est à la régulation, et certains économistes algériens — dont Brahim Guendouzi — suggèrent implicitement que l'interdiction totale est liée aux capacités institutionnelles actuelles plutôt qu'à un rejet de principe permanent des technologies numériques. Mais en l'état du droit en vigueur au 22 mai 2026, l'interdiction est totale et sans exception. Seule une nouvelle loi pourrait changer ça — et aucun projet de révision n'est annoncé.


Les universités ou instituts de recherche algériens peuvent-ils étudier les crypto-monnaies ?


La recherche académique sur les crypto-monnaies — leur technologie, leur économie, leur impact — n'est pas explicitement visée par la loi 25-10, qui cible les activités d'émission, d'achat, de vente, de détention, de promotion et d'exploitation. Une distinction peut être faite entre l'étude académique d'un phénomène et la participation active à l'écosystème qu'il décrit. Cependant, "promouvoir" des actifs virtuels est interdit — une conférence universitaire qui présenterait les crypto-monnaies sous un angle favorable pourrait théoriquement entrer dans ce champ. La prudence académique recommande de traiter le sujet dans le cadre d'une analyse critique et objective.


Ce que Cette Loi Révèle sur la Stratégie Financière Algérienne


La loi 25-10 n'est pas un texte isolé. Elle s'inscrit dans une cohérence stratégique avec d'autres décisions financières de la même période : le renforcement du contrôle des changes avec les nouvelles instructions de la Banque d'Algérie de mai 2026, l'obligation de domiciliation bancaire avant toute expédition à l'importation, la lutte contre l'économie informelle via la régularisation fiscale volontaire, et la construction d'une base de données patrimoniale centralisée.


Le fil directeur est le même dans tous ces textes : traçabilité des flux financiers, souveraineté monétaire, réduction des circuits parallèles. L'État algérien bâtit progressivement un système financier plus fermé, plus contrôlé, plus traçable — en réponse à des contraintes réelles (réserves de change, liste grise GAFI, économie informelle massive) et à des ambitions de modernisation fiscale.


Les crypto-monnaies représentaient exactement l'opposé de ce projet : des actifs décentralisés, non traçables par les mécanismes bancaires classiques, circulant hors du contrôle de la Banque d'Algérie, pouvant faciliter des sorties de capitaux hors du circuit officiel. Dans ce contexte, la criminalisation n'est pas une surprise — elle était prévisible.


Ce que la loi ne peut pas faire, en revanche, c'est empêcher des individus techniquement compétents d'accéder à des technologies décentralisées. Ce que la loi fait, en revanche, c'est créer une responsabilité pénale réelle pour quiconque est identifié. Entre la réalité technique et la réalité juridique, chaque individu concerné doit mesurer l'espace qui les sépare — et comprendre que cet espace se réduit à mesure que les capacités de contrôle de l'État se renforcent.

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