
Par : IA
Révisé par : Mehdi Belkacem Chibani
DinarSquare
dinarsquare.com · Guide DinarSquare
Publié le 19 avril 2026
Découvrez comment protéger votre épargne de la dévaluation en Algérie en 2026. Conseils pratiques pour sécuriser votre argent dès aujourd'hui.
Découvrez comment protéger votre épargne de la dévaluation en Algérie en 2026. Conseils pratiques pour sécuriser votre argent dès aujourd'hui.
Il y a en ce moment même, quelque part dans un appartement algérien, une enveloppe. Ou une boîte en métal. Ou un espace creusé derrière une plinthe. Dedans : des billets de 2 000 dinars soigneusement comptés, économisés sur des années, fruit de sacrifices réels. L'argent d'une retraite anticipée. L'argent d'un mariage. L'argent d'un projet qui attend le bon moment.
Cet argent ne travaille pas. Il se fait manger.
L'inflation officielle en Algérie a dépassé 9,2% en 2023 et reste structurellement élevée en 2026. Ce que ça signifie concrètement : une enveloppe de 1 000 000 DZD gardée sous le matelas depuis 2020 a perdu l'équivalent de 300 000 à 400 000 DZD de pouvoir d'achat sans que vous n'ayez rien dépensé. L'inflation est un voleur silencieux. Il ne frappe pas à la porte. Il entre par en dessous.
La Banque d'Algérie estime que la masse monétaire circulant hors du circuit bancaire formel représente entre 30% et 40% du PIB algérien — soit des dizaines de milliards de dollars qui dorment, s'érodent, et n'alimentent ni l'investissement ni la croissance. Ce phénomène a un nom : la thésaurisation. Et il détruit silencieusement la richesse de millions d'Algériens qui pensent protéger leur argent alors qu'ils l'exposent à une destruction lente mais certaine.
Cet article va tout couvrir : pourquoi les Algériens fuient les banques, ce que l'inflation fait vraiment à votre épargne avec des chiffres précis, et surtout — quelles sont les options réelles disponibles en 2026 pour faire travailler votre argent en Algérie. Sans jargon. Sans naïveté. Avec les avantages, les risques, et les pièges de chaque option.
Avant de parler de solutions, il faut comprendre le problème en profondeur. La thésaurisation n'est pas de l'ignorance. C'est une réponse rationnelle à un environnement perçu comme hostile. Les Algériens qui gardent leur argent hors des banques ne sont pas arriérés — ils ont leurs raisons, et beaucoup de ces raisons sont fondées.
La mémoire collective algérienne garde des cicatrices profondes. La crise des années 1990, les restrictions brutales sur les retraits pendant certaines périodes de tension économique, les délais parfois absurdes pour récupérer son propre argent — tout ça a forgé une conviction profonde : l'argent dans une banque algérienne peut devenir inaccessible du jour au lendemain. Cette conviction n'est pas totalement irrationnelle. Elle est peut-être exagérée aujourd'hui, mais elle est historiquement fondée.
Ajoutez à ça une bureaucratie bancaire qui décourage l'entrée : des queues interminables, des formulaires en triplen, des employés débordés, des agences sous-digitalisées. Ouvrir un compte et y déposer de l'argent devrait prendre 30 minutes. En Algérie, ça peut prendre plusieurs visites sur plusieurs jours. Le système lui-même décourage son propre usage.
Deuxième raison majeure : beaucoup d'Algériens ont des revenus dont l'origine est difficile à justifier formellement. Le secteur informel représente selon certaines estimations entre 30% et 45% de l'économie algérienne réelle. Un commerçant qui vend en liquide, un artisan qui travaille sans facture, un propriétaire qui loue sans contrat — ces personnes ont de l'argent réel issu d'un travail réel, mais ne peuvent pas le mettre en banque sans déclencher des questions auxquelles elles ne peuvent pas répondre proprement.
Résultat : l'argent reste en liquide. Pas par choix idéologique. Par nécessité de survie dans un système où le formel et l'informel coexistent depuis des décennies sans passerelle claire entre les deux.
Troisième raison, souvent ignorée : les banques algériennes proposent des produits d'épargne médiocres. Le taux d'intérêt sur un livret d'épargne classique dans les banques publiques algériennes tourne autour de 3% à 5% par an. Quand l'inflation est à 9%, votre épargne bancaire perd quand même 4 à 6 points de valeur réelle par an. La banque vous vole moins vite que le matelas — mais elle vous vole quand même. Dans ces conditions, la motivation à bancaliser son épargne est faible.
Le problème n'est pas que les Algériens ne savent pas épargner. Le problème est qu'ils épargnent dans un vide — sans outils adaptés, sans confiance dans le système, et sans information sur ce qui existe vraiment. Le résultat, c'est des milliards de dinars qui s'évaporent lentement dans des boîtes à chaussures.
Arrêtons de parler de pourcentages abstraits et faisons le calcul réel. Voici ce que l'inflation fait à une épargne algérienne typique sur différentes périodes, avec des chiffres concrets.
Vous avez économisé 2 000 000 DZD (environ 13 500 EUR au taux officiel 2026). Vous les gardez en liquide depuis 2021. L'inflation moyenne sur la période 2021-2026 en Algérie a été d'environ 8% par an.
C'est l'équivalent de plusieurs mois de salaire partis en fumée. Sans aucun bruit. Sans aucune alerte. Juste l'inflation qui fait son travail pendant que vous dormez.
Mêmes 2 000 000 DZD, mais placés sur un livret d'épargne CNEP ou BNA à 4% par an. Sur 5 ans, vous avez généré environ 432 000 DZD d'intérêts. Ça a l'air bien. Mais l'inflation à 8% a détruit 640 000 DZD de valeur réelle. Bilan net : vous avez quand même perdu environ 208 000 DZD de pouvoir d'achat — juste un peu moins vite que sous le matelas.
Les mêmes 2 000 000 DZD investis dans un studio à Alger en 2021. La valeur immobilière à Alger a augmenté en moyenne de 10 à 15% par an sur la même période selon les quartiers. Votre studio vaut maintenant entre 3 200 000 et 4 000 000 DZD. Vous avez non seulement battu l'inflation, mais généré un gain réel de 60% à 100% sur 5 ans. C'est pourquoi l'immobilier est la passion nationale algérienne en matière d'investissement — et ce n'est pas irrationnel.
Mais l'immobilier a ses propres problèmes. Pas tout le monde a 2 millions de dinars. Pas tout le monde peut immobiliser son capital pendant 10 ans. Et le marché immobilier algérien a des caractéristiques particulières — opacité des prix, absence de crédit hypothécaire accessible, fiscalité des plus-values — qui méritent une analyse complète.
L'immobilier est de loin la classe d'actifs préférée des Algériens qui ont du capital à investir. Et les chiffres justifient cette préférence : dans un pays où l'offre de logement est structurellement déficitaire, où la population continue de croître, et où la demande urbaine explose — les prix immobiliers ont historiquement résisté à l'inflation et souvent la dépassé.
À Alger, le prix du mètre carré dans les quartiers prisés (Hydra, El Biar, Dely Ibrahim, Ben Aknoun) oscille entre 150 000 et 250 000 DZD/m² en 2026. Un appartement F3 de 80m² dans ces quartiers se négocie entre 12 et 20 millions de dinars. C'est hors de portée pour la majorité.
Mais dans des villes secondaires comme Tizi Ouzou, Béjaïa, Blida, Sétif, ou Tlemcen, des opportunités existent entre 4 et 8 millions de DZD pour un appartement correct. Et le rendement locatif dans ces villes — souvent entre 5% et 8% par an — dépasse déjà les livrets d'épargne classiques.
L'immobilier algérien n'est pas sans risques — et beaucoup d'Algériens l'apprennent à leurs dépens.
Conseil clé : avant d'acheter un bien immobilier en Algérie, vérifiez systématiquement le titre foncier auprès de la Conservation Foncière, pas seulement l'acte de vente présenté par le vendeur. Des biens ont été vendus plusieurs fois à des acheteurs différents — et seul celui qui a le titre foncier enregistré est légalement propriétaire.
Deuxième réflexe d'investissement des Algériens : l'or. Les bijoux en or sont à la fois un ornement, un investissement, et une épargne de précaution. Cette pratique est ancrée dans la culture depuis des générations — et elle n'est pas sans logique financière.
Le prix de l'or en dinars algériens a suivi deux tendances simultanées entre 2020 et 2026 : la hausse du cours international de l'or en dollars (qui a dépassé les 2 400 USD/once troy en 2024 et reste élevé en 2026), et la dépréciation du dinar face au dollar. Ces deux facteurs combinés ont produit des gains exceptionnels pour les détenteurs d'or en Algérie : un gramme d'or qui valait environ 5 500 DZD en 2020 s'échange autour de 12 000 à 14 000 DZD en 2026 selon la pureté et le marché.
C'est une multiplication par 2,2 à 2,5 en 6 ans — bien au-dessus de l'inflation cumulée sur la même période. L'or a protégé la valeur réelle de l'épargne de ceux qui l'ont choisi.
L'or en Algérie présente des contraintes spécifiques. Le marché est principalement informel — il n'existe pas de bourse de métaux précieux accessible au grand public. Les prix varient d'un bijoutier à l'autre, d'un quartier à l'autre. Acheter au bon prix nécessite de la connaissance du marché et de la négociation. De plus, l'or physique a des coûts cachés : risque de vol (nécessite un coffre ou une sécurité), illiquidité relative (revendre rapidement implique souvent de vendre en dessous du prix du marché), et absence de rendement intermédiaire (l'or ne génère pas de loyer ou d'intérêt — il prend de la valeur ou il en perd, sans flux intermédiaire).
Voilà le sujet qui va surprendre beaucoup de lecteurs : l'Algérie a une bourse des valeurs. Elle s'appelle la Bourse d'Alger (SGBV — Société de Gestion de la Bourse des Valeurs), elle existe depuis 1997, et elle est massivement sous-utilisée par les Algériens — au point d'être presque invisible dans le débat public sur l'épargne et l'investissement.
La Bourse d'Alger cotait en 2026 une quinzaine de sociétés — principalement des grandes entreprises publiques privatisées partiellement (Alliance Assurances, NCA Rouiba, EGH El Aurassi, Biopharm, Saidal, entre autres) et quelques entreprises privées. Le marché reste très étroit comparé aux bourses régionales comme Casablanca ou Tunis. Le volume de transactions quotidien est faible, la liquidité limitée, et l'information sur les sociétés cotées difficile d'accès pour un investisseur individuel.
La performance de certains titres sur les 5 dernières années a été cependant remarquable. Des sociétés comme Alliance Assurances ou Biopharm ont produit des gains significatifs pour leurs actionnaires — des gains en capital plus des dividendes annuels qui ont dans certains cas dépassé 15% par an. C'est bien au-dessus de l'inflation, bien au-dessus des livrets bancaires, et comparable aux meilleures années immobilières.
Pour acheter des actions à la Bourse d'Alger, il faut passer par un Intermédiaire en Opérations de Bourse (IOB) agréé par la Commission d'Organisation et de Surveillance des Opérations de Bourse (COSOB). Ces intermédiaires incluent certaines banques et sociétés spécialisées. Le processus : ouvrir un compte-titres auprès d'un IOB agréé, déposer des fonds, et passer des ordres d'achat sur les titres disponibles.
Le montant minimum pour commencer est théoriquement accessible — quelques dizaines de milliers de dinars suffisent pour acquérir des fractions d'actions. Mais le manque d'information, l'absence d'une culture boursière, et la complexité administrative perçue font fuir la grande majorité des épargnants algériens potentiels.
Pour les investisseurs qui veulent du rendement fixe sans la volatilité des actions, la Bourse d'Alger propose également des obligations d'entreprises et — innovation importante — des sukuk, obligations conformes à la finance islamique qui ne versent pas d'intérêt mais distribuent des profits issus d'actifs réels. Avec le développement de la finance islamique en Algérie depuis 2020, les sukuk sont devenus une option intéressante pour les Algériens réticents aux intérêts pour des raisons religieuses.
C'est l'un des changements les plus significatifs du paysage financier algérien depuis 2020. La finance islamique — qui propose des produits conformes à la Charia, sans intérêt (riba) — a connu une expansion significative en Algérie ces dernières années, répondant à une demande longtemps ignorée par le système bancaire conventionnel.
Al Salam Bank Algérie, créée en 2008 mais véritablement développée après 2018, est devenue la référence de la banque islamique en Algérie. Des banques conventionnelles comme la BDL et la BADR ont ouvert des "fenêtres islamiques" — des guichets dédiés aux produits conformes à la Charia au sein de leurs structures conventionnelles.
Soyons honnêtes sur ce point. La finance islamique répond à un besoin culturel et religieux réel pour une large partie de la population algérienne qui refusait les produits conventionnels pour des raisons de convictions. C'est une avancée indéniable. Mais certaines critiques méritent d'être entendues : dans beaucoup de cas, les produits islamiques algériens coûtent légèrement plus cher que leurs équivalents conventionnels, les délais de traitement restent longs, et la compréhension réelle des mécanismes par les clients est souvent superficielle. La Murabaha est parfois présentée et comprise comme "un crédit normal mais halal" — ce qui est une simplification qui cache la réalité des coûts totaux.
La règle d'or avec la finance islamique en Algérie : lisez l'intégralité du contrat avant de signer. Demandez le coût total de financement — pas seulement la marge affichée. Comparez avec les alternatives conventionnelles. Un produit islamique plus cher n'est pas automatiquement mauvais si vous avez des convictions religieuses — mais vous devez prendre votre décision en connaissance de cause.
Pour beaucoup d'Algériens, la vraie création de richesse n'est pas venue de la bourse ou de l'immobilier — elle est venue du commerce. Un local commercial bien placé, une activité d'import-export, un atelier de production, une franchise de restauration. L'entrepreneuriat informel et formel a produit la grande majorité des fortunes algériennes depuis l'indépendance.
Certains secteurs présentent des opportunités réelles pour un investissement productif en 2026 :
L'Algérie dispose de plusieurs mécanismes de soutien à l'investissement et à l'entrepreneuriat, souvent mal connus :
Ces dispositifs existent et fonctionnent — mais ils demandent une préparation sérieuse : plan d'affaires solide, dossier complet, et patience face à la bureaucratie. Beaucoup d'Algériens abandonnent à la première complication. Ceux qui persistent y trouvent un levier financier réel.
Impossible de parler d'épargne et d'investissement en Algérie sans aborder le sujet que tout le monde connaît mais peu osent nommer clairement : le marché parallèle des devises — le square.
En 2026, l'écart entre le taux de change officiel de la Banque d'Algérie et le taux du marché parallèle reste significatif. Un euro s'achète officiellement autour de 145-150 DZD au taux officiel, et se négocie entre 215 et 240 DZD au marché parallèle selon les périodes et la liquidité disponible. Cet écart — entre 40% et 60% — crée une opportunité d'arbitrage apparente qui attire des millions d'Algériens.
La logique est simple et compréhensible : détenir de l'euro ou du dollar protège de la dépréciation du dinar. Le dinar a perdu environ 60% de sa valeur face à l'euro depuis 2010. Un Algérien qui avait 1 000 euros en 2010 et les a gardés en euros a une valeur nominale en dinars qui a presque doublé — sans aucun rendement d'investissement, juste la dépréciation du dinar.
Mais il faut être complètement honnête sur ce que le marché parallèle implique :
Le marché parallèle des devises est une réalité que des millions d'Algériens vivent quotidiennement. Ce n'est pas le rôle de cet article de porter un jugement moral sur ce choix. Mais il est irresponsable de présenter le square comme une stratégie d'investissement sans exposer clairement les risques légaux et physiques qu'il implique. Chacun prend ses décisions avec une information complète.
En 2026, impossible d'ignorer la question des cryptomonnaies et des investissements digitaux. La question est particulièrement sensible en Algérie où le cadre réglementaire est restrictif mais où l'intérêt est réel.
La loi de finances 2018 a introduit une interdiction des transactions en cryptomonnaies en Algérie. Cette interdiction reste techniquement en vigueur en 2026, bien que l'application soit difficile à mettre en œuvre concrètement. Des milliers d'Algériens détiennent et échangent des cryptomonnaies malgré cette interdiction — via des VPN et des exchanges internationaux comme Binance ou Kraken.
Les discussions sur une régulation plutôt qu'une interdiction ont été évoquées par plusieurs responsables algériens depuis 2022, mais aucun texte clarifiant le cadre n'avait été adopté à la date de rédaction de cet article. La situation reste dans une zone grise légale.
Au-delà des risques inhérents aux cryptomonnaies (volatilité extrême, risque de perte totale), les Algériens font face à des risques supplémentaires : impossibilité de convertir des gains crypto en dinars via le circuit officiel, risque de blocage des comptes sur les exchanges qui détectent des connexions depuis l'Algérie, et absence totale de recours légal en cas de litige ou d'arnaque — puisque l'activité est elle-même illégale.
Les arnaques crypto ciblant spécifiquement les Algériens ont explosé depuis 2021. Des schémas de Ponzi déguisés en "investissements crypto garantis" ont fait perdre des sommes considérables à des Algériens attirés par des promesses de rendements de 20% à 50% par mois. Ces promesses sont invariablement des arnaques. Aucun investissement légitime ne promet des rendements pareils.
Maintenant que nous avons passé en revue toutes les options disponibles avec leurs avantages et leurs risques réels, voici comment construire une stratégie concrète selon votre niveau de capital et votre profil.
À ce niveau, l'immobilier est hors de portée et la bourse accessible mais limitée. La priorité absolue : constituer un fonds d'urgence de 3 à 6 mois de dépenses dans un compte d'épargne accessible — même à faible rendement. Cet argent ne doit pas être investi — il doit être disponible. Ensuite, si vous avez un projet entrepreneurial viable, explorez les dispositifs ANGEM ou ANADE. Si votre compétence professionnelle est monnayable internationalement, investissez dans votre formation et votre profil freelance — c'est l'investissement avec le meilleur ROI à ce niveau de capital.
À ce niveau, plusieurs options deviennent accessibles. Une allocation possible : 40% en or physique (pièces plutôt que bijoux) comme valeur refuge, 30% dans un compte d'investissement participatif islamique ou un produit d'épargne bancaire, et 30% dans une activité commerciale ou un investissement productif dans votre secteur de compétence. La Bourse d'Alger devient accessible à ce niveau — avec une position initiale modeste de 100 000 à 200 000 DZD sur 2 ou 3 titres bien choisis.
L'immobilier entre dans le champ des possibles. Mais avant d'acheter un appartement, posez-vous la question : est-ce pour y vivre, pour louer, ou comme valeur refuge ? La réponse change radicalement la logique d'investissement. Pour la location, calculez le rendement locatif brut (loyer annuel / prix d'achat) — s'il est inférieur à 5%, l'investissement est probablement surévalué. Pour une vraie diversification à ce niveau, une combinaison immobilier locatif (50%) + or (20%) + Bourse d'Alger (15%) + investissement productif ou fond d'urgence (15%) offre une exposition équilibrée.
Dangereux sur trois plans. D'abord le vol — l'argent liquide à domicile est une cible. Ensuite l'inflation — comme démontré plus haut, l'érosion du pouvoir d'achat est certaine et cumulative. Enfin l'incendie, l'inondation ou tout sinistre — il n'y a pas d'assurance sur du liquide non déclaré. L'argument "c'est plus sûr que la banque" ne tient pas à l'analyse rigoureuse des risques. La banque a ses problèmes — mais elle offre une protection contre le vol physique et contre les sinistres que le matelas ne peut pas offrir.
Les grandes banques publiques algériennes (BNA, BEA, CPA, BADR, BDL, CNEP) sont garanties par l'État algérien — ce qui représente une garantie réelle tant que l'État algérien est solvable, ce qu'il est en 2026 avec des réserves de change qui restent significatives grâce aux revenus des hydrocarbures. Le risque de faillite bancaire à la façon de 2008 en Occident est faible. Le risque historique de restriction d'accès aux liquidités en cas de crise est plus réel — mais les réformes bancaires depuis 2020 ont réduit ce risque. La garantie des dépôts existe légalement jusqu'à certains plafonds. Déposer de l'argent dans une banque publique algérienne en 2026 est raisonnablement sûr — pas parfait, mais raisonnablement sûr.
Les deux ont démontré leur capacité à battre l'inflation en Algérie sur le long terme. La différence fondamentale : l'immobilier génère un revenu (loyer) mais est illiquide et demande une gestion active. L'or est liquide, ne génère pas de revenu intermédiaire, mais est plus simple à détenir et à transporter. Pour un investisseur qui veut une épargne passive sans gestion, l'or est plus simple. Pour quelqu'un qui cherche un revenu complémentaire régulier et peut immobiliser du capital longtemps, l'immobilier locatif reste supérieur sur le long terme en Algérie.
Structurellement, oui — et il faut l'intégrer dans toute stratégie d'épargne. L'Algérie reste très dépendante des revenus des hydrocarbures pour équilibrer son budget. Quand les prix du pétrole baissent, la pression sur le dinar augmente. La diversification économique est en cours mais lente. L'inflation importée (l'Algérie importe massivement) continuera d'alimenter la dépréciation réelle du dinar. Planifier son épargne en partant du principe que le dinar gardera sa valeur est une erreur de calcul que beaucoup d'Algériens ont payée cher.
En 2026, l'industrie des fonds d'investissement collectif reste embryonnaire en Algérie. Il existe quelques OPCVM (Organismes de Placement Collectif en Valeurs Mobilières) agréés par la COSOB, mais l'offre est limitée et peu connue. La Bourse d'Alger reste le principal accès pour les particuliers à des investissements collectifs. L'émergence de fonds d'investissement islamiques est en cours mais pas encore mature. C'est un marché qui devrait se développer dans les prochaines années — à surveiller.
La transmission de patrimoine en Algérie est régie par le Code de la Famille algérien, fortement inspiré du droit islamique pour les successions. Les héritages légaux suivent des règles précises de partage entre héritiers selon leur rang et leur genre. Les conflits surgissent généralement de deux sources : les biens non titrés ou mal documentés (maisons construites sans permis, terrains sans titre foncier) et les donations informelles de son vivant non documentées. La solution : régulariser le titre de tous vos biens de votre vivant, documenter toute donation par acte notarié, et si possible établir un inventaire patrimonial officiel. Un notaire algérien spécialisé en droit de la famille est indispensable pour quiconque a un patrimoine significatif à transmettre.
Pour un Algérien résident, investir à l'étranger est légalement complexe — les transferts de capitaux vers l'étranger sont réglementés et limités. En pratique, certains Algériens investissent via des membres de la famille établis à l'étranger ou via des structures légales complexes. Pour la grande majorité, les investissements restent forcément locaux. Mais pour un Algérien de la diaspora avec accès à des marchés étrangers, combiner des investissements immobiliers en Europe ou au Canada avec des placements en Algérie offre une diversification géographique et monétaire réelle. La règle de base : ne jamais mettre tous ses œufs dans le même panier-pays.
La loi algérienne prévoit un système de garantie des dépôts bancaires géré par la Société de Garantie des Dépôts Bancaires. En théorie, les dépôts sont garantis jusqu'à un certain plafond en cas de faillite bancaire. En pratique, ce système n'a jamais été testé à grande échelle en Algérie — l'État a toujours préféré sauver les banques en difficulté plutôt que de déclencher le mécanisme de garantie des dépôts. Pour les montants importants, diversifier entre plusieurs banques reste une précaution raisonnable.
Question sous-estimée mais cruciale. Dans beaucoup de familles algériennes, l'argent est un sujet tabou ou communautaire — les décisions financières personnelles sont soumises à une pression familiale forte. Des parents qui voient un fils investir en bourse plutôt qu'acheter un appartement peuvent réagir avec incompréhension ou hostilité. La stratégie : éduquez progressivement votre entourage avec des exemples concrets et des chiffres. Ne cherchez pas l'approbation pour chaque décision financière personnelle. Et établissez clairement, surtout pour les personnes mariées, la distinction entre l'épargne personnelle et le patrimoine commun.
Des milliards de dinars algériens dorment en ce moment dans des enveloppes, sous des matelas, dans des boîtes métalliques. Chaque jour qui passe, l'inflation les ronge silencieusement. Ce n'est pas une métaphore — c'est une réalité mathématique, chiffrable, documentée.
La solution n'est pas de tout mettre en banque demain matin. La méfiance envers les institutions financières algériennes a des fondements historiques réels — et le système bancaire algérien a encore du chemin à faire pour mériter pleinement la confiance des épargnants. Mais la réponse à un système imparfait n'est pas de s'en exclure totalement. C'est de naviguer intelligemment entre ce qui existe, avec une compréhension claire des risques et des opportunités.
L'immobilier pour la valeur refuge et le revenu locatif. L'or pour la protection anti-inflation à court terme. La Bourse d'Alger pour une exposition aux marchés avec un capital modeste. La finance islamique pour ceux que les convictions religieuses guident. L'entrepreneuriat pour ceux qui veulent créer de la valeur plutôt que la stocker. Et le freelancing international pour multiplier ses revenus sans nécessairement quitter le pays.
Aucune de ces options n'est parfaite. Toutes ont des risques. Mais toutes valent mieux que l'enveloppe sous le matelas — parce que l'inaction, en matière d'épargne, est elle-même une décision. Une décision qui coûte cher, en silence, chaque mois qui passe.
Votre argent peut travailler pour vous. Mais il ne le fera que si vous décidez de le faire travailler.
Guides pratiques — information vérifiée et mise à jour. Ne remplace pas un avocat, un conseiller fiscal ou un professionnel agréé pour votre situation.

Mehdi Belkacem Chibani est le créateur de DinarSquare, une plateforme d'information et d'outils de calcul pour les Algériens. Développeur et entrepreneur, il se consacre à créer des solutions technologiques innovantes pour faciliter l'accès à l'information économique et financière en Algérie.
Note: Les informations sur DinarSquare sont fournies à titre informatif uniquement et ne constituent pas des conseils financiers, fiscaux ou juridiques professionnels.

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